Conférence sur la Syrie

Je relaie ci-dessous quelques observations que j’ai faites lors d’une conférence à laquelle j’ai assisté à titre professionnel en janvier 2016; celles-ci n’engagent que moi, et ne reflètent pas nécessairement le point de vue des personnes ou des organisations mentionnées ci-après. 

Le 20 janvier 2016, j’ai assisté à une conférence menée par le Réseau international pour les conflits et les situations de fragilité (INCAF) du Comité d’aide au développement (CAD) au siège de l’OCDE. Les délégués de 17 pays membres de l’OCDE se sont réunis aux côtés des représentants des agences de l’ONU, de la Banque Mondiale, de l’Union Européenne et des organisations non-gouvernementales. Jamais auparavant il n’a été aussi essentiel pour ces acteurs de faire preuve de sagesse dans l’élaboration des politiques de l’aide au développement; au cours des quinze dernières années,  les coûts relatifs aux crises humanitaires ont augmenté de 660%. Les conflits sont plus prolongés aujourd’hui, et le déplacement dure 17 ans en moyenne. Après la publication de ces statistiques troublantes, l’INCAF à réuni ces différents acteurs, citant deux grands enjeux: à savoir le besoin de mieux lier l’action humanitaire et le développement, et, corrélativement, la nécessité d’améliorer l’efficacité de l’aide dans les situations de fragilité afin de réaliser les objectifs de l’Agenda 2030.

Les conférences ont invité les participants à démontrer en termes concrets ce que font leurs agences respectives pour encourager la collaboration entre l’action humanitaire, le développement et la sécurité, tout en restant prudents par rapport aux obstacles inévitables. Cet exercice les a amenés par la même occasion à partager avec la communauté de donateurs leurs propres suggestions tirées d’expériences pratiques.

Une discussion animée a donné un aperçu des défis et des expériences de différents acteurs en Syrie afin d’énumérer les mécanismes nécessaires. Comme l’a souligné une spécialiste des politiques auprès de l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (Sida), la Syrie a passé de statut de pays à revenu moyen à celui de pays à faible revenu au cours de ces dernières années, et l’espérance de vie a également chuté de 25 ans. Si jusqu’ici la Suède n’avait jamais été chargée de développer une stratégie pour un pays confronté à une crise aussi sévère, elle constitue néanmoins un des rares pays qui a conçu un programme de financement au développement qui complète son appui continu à la crise humanitaire. Pour ce faire, l’Agence suédoise se concentre sur la prestation de services locaux ainsi que sur les capacités existantes dans le pays.

L’approche suédoise vise d’une part le renforcement de la résilience et l’élimination de la violence, et de l’autre part la démocratie et le respect des droits de l’homme, en mettant l’accent sur la société civile. La Suède s’est notamment engagée à s’assurer que toute assistance apportée aux citoyens vulnérables bénéficie non seulement aux réfugiés syriens, mais aussi à la population locale, afin de ne pas aiguiser les tensions entre les deux communautés. Son programme donne la priorité aux besoins des femmes, des enfants et des jeunes. Le deuxième aspect vise les organisations de la société civile qui œuvrent pour une solution pacifique à la crise, en soutenant tout particulièrement la liberté d’expression et la documentation des violations.  Ayant à l’esprit qu’il s’agit d’une activité à long terme, l’Agence travaille également sur l’amélioration des capacités des organisations médiatiques afin qu’elles puissent fournir une information indépendante en Syrie ainsi que dans les pays voisins. Enfin, la participation de l’ancien Coordonnateur humanitaire de l’ONU au Liban a enrichi la discussion au sujet de la réponse des pays voisins, qui assument également d’importantes responsabilités. En effet, le modèle libanais est axé sur l’investissement dans les capacités nationales par le biais d’institutions et de ministères libanais; un tel modèle montre donc qu’il existe des possibilités pour renforcer la résilience dans les contextes fragiles. Le partage de pratiques entre deux pays très différents a été accueilli avec enthousiasme par les autres intervenants, et pourrait servir de base pour la poursuite de la stratégie.

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