Somalie : La guerre civile, les frontières et les violences sexuelles

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17 janvier 2014, le nouveau premier ministre en Somalie, Abdiweli Sheikh Ahmed a désigné un nouveau gouvernement qui était destiné à faire une rupture nette avec le gouvernement précédent qui avait beaucoup déçu. Pourtant la guerre persiste. Après avoir libéré Mogadiscio (la capitale) et Kismaayo (une ville portuaire du Sud) du contrôle de la milice al-Shabab, les troupes de l’Union africaine ont été déployées au cœur de la milice dans le centre-sud de Somalie. Néanmoins, la guerre civile risque de dépasser les frontières pour plusieurs raisons. 

 

Premièrement, la force de l’Union africaine est composée des étrangers : des Kenyans, des Burundais et des Ethiopiens. Ces derniers ont envahi à plusieurs reprises la Somalie et il reste à voir si les troupes obéiront le commandement de l’Union africaine. Autrefois impopulaire auprès des Somaliens, la présence des Ethiopiens pourrait nuire à l’appui pour le nouveau gouvernement. Deuxièmement, l’abus de la part des Kenyans à Kismaayo, qui se sont conduits des profiteurs au marché local du charbon, veut dire que le nouveau gouvernement pourrait rapidement perdre son soutien si les citoyens se sentent à nouveau insécurisés.

 

La réussite du nouveau gouvernement reposera sur sa capacité de retrancher une structure politique qui peut remplacer l’Al-Shabab. C’est déjà plutôt risqué de compter sur des forces étrangères en discrédit, mais le gouvernement doit également éviter les erreurs précédentes qui consistaient aux querelles politiques et l’échec d’exploiter les victoires militaires. ‘The Economist’ signale que ça comprend aussi la fourniture de services comme l’éducation et l’eau courante. D’ailleurs, la revue souligne que la campagne militaire risque d’amener plus au Sud les combattants d’Al-Shabab. Il est à noter qu’une explosion à l’aéroport de Nairobi a été attribuée à Al-Shabab par les services de sécurité, qui mettent en garde contre plus d’attentats. Puis le trois février, la police kenyane a arrêté plus de 100 personnes soupçonnées de faire partie d’Al-Shabab. Des émeutes ont suivi et plusieurs personnes ont été tuées. Les Ethiopiens craignent aussi des attentats de la part d’Al-Shabab dans la capitale. On ne sait pas toujours si la guerre civile va bientôt s’achever, ou si elle va tout simplement dépasser les frontières.

 

 

En même temps que la guerre civile pèse sur la paix de la Somalie, les femmes ont connu un attentat croissant contre leur propre sécurité. En effet, Human Rights Watch a publié un rapport basé sur des recherches qui révèlent que les femmes ont été exposées à un risque élevé de viol et d’abus sexuels au cours de l’année écoulée. Le pire, c’est que les militaires gouvernementaux sont impliqués dans cette histoire. Human Rights Watch propose donc un plan en 5 points pour endiguer les violences sexuelles dans le pays. Une des femmes violées exprime le climat d’impunité, racontant que pendant son agression le violeur lui a dit : ‘Tu peux aller raconter que c’est nous qui avons fait ça, nous ne craignons rien.’ Les Nations Unies constate aussi que beaucoup de victimes ne dénoncent pas les viols en raison d’un manque de confiance envers le système judicaire, l’ignorance de l’existence des services de santé et de recours en justice, parce qu’elles ont peur des représailles et finalement parce qu’elles craignent la manque d’infamie.

 

Un expert indépendant de l’ONU remarque avec désarroi que les femmes et les jeunes filles en Somalie font face à une « double victimisation », comprenant tout d’abord l’agression sexuelle et puis l’incapacité des pouvoirs à rendre une justice effective ou à fournir l’assistance appropriée (médicale et sociale). Pire encore, selon UNICEF, environ un tiers des victimes de violences sexuelles en Somalie sont des enfants de moins de 18 ans.

 

En plus, les conséquences économiques des viols sont graves et souvent permanentes. Une femme qui a été poignardée et violée en juillet 2013 déclare : « Désormais, je ne suis plus assez forte pour effectuer le travail manuel que je faisais avant d’être violée. Nous avons besoin davantage de programmes qui nous apportent un capital nécessaire pour démarrer des activités rechange.»

 

Human Rights Watch implore le gouvernement somalien à prendre des mesures essentielles :

– Déployer en nombre suffisant des policiers compétents, incluant des femmes ;

– Faire en sorte que les services médicaux et sociaux puissent apporter un soutien aux femmes et aux filles qui essaient de se remettre de violences sexuelles ; et 

– Promouvoir l’égalité des sexes par l’éducation et par leur participation à la vie politique.

 

On doit noter que ces défis sont massifs et demanderont l’aide de la communauté internationale, qui a son tour dispose d’un moyen de pression. Il faut absolument qu’elle affirme à quel point le développement de la Somalie dépend de l’égalité des sexes et la fin de la culture d’impunité. 

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