La Centrafrique : l’histoire inédite tchadienne/ Côte d’Ivoire : une terre d’asile pour les gays africains ?

La Centrafrique : l’histoire inédite tchadienne Image Je ne suis pas détenteur des droits  Lundi, 21 janvier 2014, la Centrafrique élit Catherine Samba Panza à la présidence – la première femme élue à un tel poste. Maire de Bangui depuis la rébellion en mars 2013 et chrétienne, elle a pris la parole devant les parlementaires à la suite du second tour qui l’a déclarée vainqueuse : « Je lance un appel vibrant à mes enfants anti-balaka (miliciens chrétiens) qui m’écoutent. Manifestez votre adhésion à ma nomination en donnant un signal fort de dépôt des armes…. à mes enfants ex-Séléka qui m’écoutent aussi, déposez vos armes. » Par ailleurs, les ministres européens des Affaires étrangères ont autorisé une opération militaire qui vise à envoyer même davantage de soldats en appui aux forces africaines et françaises – plus précisément 500 – qui seront aussi responsables pour la sécurisation de Bangui. La Libération a noté que la capitale Bangui a été « particulièrement calme en fin de journée ». Même si certaines agences de presse rapportent que la situation sécuritaire s’améliore progressivement, il ne faut pas oublier que le reste du pays est vaste, chaotique et hors de contrôle pour l’instant. La nouvelle présidente semble avoir saisi le défi majeur qui avait échappé à son prédécesseur, Michel Djotodia ; c’est-à-dire mettre un terme aux violences entre les combattants Séléka et les anti-Balaka, qui implique en même temps le soulagement des tensions entre les chrétiens et les musulmans, ce dernier constituant une minorité dans ce pays de 4,6 millions d’habitants. Cependant, Jeune Afrique met le point sur un aspect particulièrement insidieux de cette guerre civile, mais peu connu : le sort des Tchadiens. Qu’ils soient soldats de la Misca ou civils, dont la plupart habite même depuis longtemps à Bangui, ils sont devenus rapidement la cible des éclats violents. En effet, après des lynchages, le Tchad a dû pour la première fois affréter avions et camions pour évacuer vingt milles de ses ressortissants. La colère se trouve à l’origine de ces attentats en raison de la perception que les 800 soldats de la Misca sont en collusion avec les ex-rebelles de la Séléka. Le président tcahdien, Idriss Déby Itno, a répliqué à son tour : « Nous sommes profondément choqués par une campagne de dénigrement et de mensonge systématique contre notre pays, l’accusant de soutenir la Séléka. Je défie quiconque de fournir à l’opinion internationale la preuve de ces allégations. » Bien sûr, la Centrafrique et le Tchad ont historiquement entretenu de bonnes relations. Alors que de nombreuses ethnies communes vivent des deux côtés de la frontière, en 1979 beaucoup de Tchadiens ont fui la guerre pour se réfugier en Centrafrique. Un habitant de « kilomètre 5 » à Bangui se lamente : « J’ai toujours vécu ici, mes enfants sont nés ici, je ne comprends pas ».

L’historique aide à expliquer l’intérêt de Tchad. En mars 2003, il a aidé un des chefs de la rébellion de l’époque, le général Bozizé, à s’emparer de Bangui. Cependant, dix ans plus tard, c’était l’abandon quand le Tchad a lâché le régime Bozizé – une volte-face souvent attribuée à une rivalité pétrolière. En plus, un proche du Quay d’Orsai à Paris affirme que le Tchad s’inquiète toujours de la faiblesse de Bangui face à ses opposants armés : « Déby n’a aucune ambition territoriale sur la Centrafrique, mais il veut un pouvoir fort à Bangui pour sécuriser ses frontières et ne pas avoir des problèmes chez lui. » Quoi quelles en soient les raisons motivant l’hostilité envers les Tchadiens, et même s’il est accusé de renforcer la Séléka, les victimes des représailles sont souvent innocents, comme témoigne un étudiant tchadien regagné à N’Djamena: « J’ai perdu plusieurs collègues de l’université qui ont été lapidés, découpés en morceaux avec des machettes ». Il est donc urgent que la nouvelle présidente fasse en sorte que la crise se termine en Centrafrique, mais il est également impératif que les innocents, y compris les Tchadiens, soient tenus en compte pendant les efforts de réconciliation.

Côte d’Ivoire : une terre d’asile pour les gays africains ?

Dans un sujet aussi lugubre que celui de l’homophobie en Afrique, il est prometteur de voir des exceptions. Ça me réjouit de lire cette semaine d’un article qui traite de l’homosexualité en Côte d’Ivoire et qui qualifie le pays d’un « îlot de tolérance », même s’il serait naïf de s’y contenter. Que peut-on apprendre de ce cas particulier ? Pourquoi la Côte d’Ivoire est-elle différente ? La religion, la politique, la loi – à quel point influencent-elles ce climat apparemment moins dangereux pour les gays ? Il faut préciser d’abord qu’on parle ici d’une question de relativité. Un des invités souligne ce point : «Ce n’est pas le paradis ici, mais c’est nettement mieux que dans d’autres pays». En effet, le Nigéria vient de promulguer une loi qui recule davantage les droits des personnes LGBT : une peine de 14 ans d’emprisonnement en cas de mariage homosexuel et de 10 ans contre les personnes qui affichent publiquement une relation homosexuelle. Autre part, même si le président ougandais a récemment refusé d’adopter une nouvelle loi anti-gay, il continue d’inciter à la haine, estimant que les homosexuels sont « malades ». La Côte d’Ivoire constitue donc, relativement parlant, un espèce d’« eldorado » pour les gays du continent. Selon le responsable des affaires juridiques d’Alternative, une ONG qui défend les droits homosexuels en Côte d’Ivoire, ceci s’explique par le manque d’une loi homophobe venant du législateur. D’un côté, aucune loi ne soutient la discrimination et de l’autre côté, on constate une crise politique entre 2000 et 2011, qui voulait dire que l’Etat ivoirien a eu d’«autres problèmes» à gérer. En plus, le chômage, les droits fonciers et la réconciliation rendent l’homosexualité une « histoire mineure » pendant que ce pays se reconstruit. Il faut célébrer ces perspectives optimistes, mais continuer à les étudier et comprendre, et critiquer si besoin est. Certes, l’article se termine avec une réflexion d’un des invités : « Ce soir, tout le monde est homo !… Mais demain matin, on ne se connaît plus. Chacun masque son identité.» Il est donc clair qu’on est vraiment loin d’avoir atteint les objectifs: la liberté et l’égalité pour les personnes LGBT.

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