Le Soudan du Sud – une crise à l’âge de 2 ans (‘‘Terrible Twos’’)

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Je ne suis pas détenteur des droits

La flambée de violence en Soudan du Sud depuis le 15 décembre a rendu très funèbre les vacances de Noël pour les citoyens de la nation la plus jeune du monde. Dans mon premier blog sur ce pays, je vais traiter des causes du déclenchement, en même temps que considérer le sort de ce pays après la sécession ; faut-il une autre intervention militaire ?

Le déclenchement des hostilités et les causes

Deux ans et demi après la sécession du Soudan du Sud de son ancien rival, le Soudan, la crise qu’il traverse aujourd’hui est bien loin de ce qu’on avait imaginé lorsque 98,83% de l’électorat a donné le « oui » au référendum sur l’indépendance. Si on parle maintenant de la faillite de l’Etat, les responsables ne sont pas uniquement les pouvoirs internes mais également la communauté internationale pour avoir négligé un pays visiblement pauvre et vulnérable depuis le premier jour de son existence.

Le 15 décembre au Palais présidentiel à Juba, une confrontation entre les officiers de l’armée fidèles au président Salva Kiir et les soldats insatisfaits qui soutiennent son ex vice ministre, Riek Machar, a lancé des affrontements qui menacent de dégénérer en guerre civile. Cela entraînera encore plus bas le pays en cas d’inaction, ou même en cas d’une action insuffisante. Machar nie une tentative de coup d’état et tient à ce que Kiir cherche à éliminer ses rivaux. Le conflit est alimenté par des profonds ressentiments entre ethnies : c’est-à-dire les Dinka de Salva Kiir contre les Nuer des Riek Machar. Dans l’espace de près de deux semaines, le bilan est déjà de plusieurs milliers de morts. En plus, l’ONU a annoncé la découverte d’au moins un charnier alors qu’environ 120.000 personnes ont été déplacées au cours de la même période.

Selon Mehari Taddele Maru, les causes profondes de la crise résident dans le manque de bonne volonté de démocratiser et, en plus, un faible niveau dans la fourniture des services publics. Le pouvoir en place, the Sudan People’s Liberation Movement (SPLM), n’est plus un mouvement populaire de libération depuis la division de l’ennemi commun, Khartoum. Le ciment fragile qui les avait uni n’a plus la force de gérer les vues divergentes. Il affirme que la leçon qu’on peut tirer de ce pays, c’est que la sécession ne constitue pas une panacée pour toutes les nations divisées.

Le sort de ce pays

Aujourd’hui, les rivaux Kiir et Machar sont sous pression pour entamer des pourparlers et arrêter les combats. L’Autorité intergouvernementale sur le développement (Igad) leur ont donné jusqu’à 31 décembre pour mettre un terme à la violence. Pour leur part, les deux hommes ont accepté le principe des pourparlers et il semble que Kiir est prêt à un cessez-le-feu « immédiat » tandis que, pour l’instant, Machar refuse de s’engager à moins que tous ces alliés actuellement détenus ne soient libérés.

James Okuk de ‘Sudan Tribune’ préconise une intervention militaire internationale pour stopper le chaos. Contrairement à Maru, il croit que ça ne sert à rien de raconter ce qui s’est passé – que ce n’est pas le temps maintenant de se préoccuper des causes profondes, mais de traiter les symptômes. Cependant, la crise du Darfour nous a appris qu’il est dangereux de prôner une intervention militaire alors que les problèmes éprouvés sont plutôt liés à la pauvreté et le besoin d’une aide massive. Certes, le début de 2005, Médecins Sans Frontières doutaient de l’efficacité d’une intervention militaire en Soudan vu qu’ils avaient illustré par le biais d’une enquête que la malnutrition et la diarrhée étaient devenus les difficultés les plus graves[i] que traversaient le pays. Il faut hésiter à intervenir militairement surtout où ça risque de provoquer même plus d’effusion de sang ou une réaction violente de la part des rebelles, voire le gouvernement, à l’encontre des pouvoirs qui interviennent.

« Il n’y a plus d’autre solution si l’on veut sauver ces précieuses vies humaines au Soudan du Sud »

Pour Maru, tant que le Soudan du Sud ne se transforme pas en Etat de droit démocratique, son sort est quasiment scellé ; il va se transformer en Etat paria, comme l’Erythrée. Pour cette raison, et s’il s’avère que Okuk a raison – qu’une augmentation de l’aide et les pourparlers de paix ont l’air de ne rien pouvoir y faire – il est urgent que la Communauté internationale agisse.


[i] Fabrice Weissman, ‘Humanitarian Negotiations Revealed: The MSF Experience’, p.224.

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