Les horreurs inqualifiables au cœur de l’Afrique

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Je ne suis pas détenteur de droits

Mon cinquième blog se consacre à la République centrafricaine (la Centrafrique) qui se désagrège sauvagement depuis neuf mois, lorsque les rebelles de la Séléka (l’Alliance dans la langue locale) ont déposé le Président François Bozizé. Ce blog résume brièvement en français ce que j’ai lu et entendu au cours des dernières semaines. En écrivant, on ne peut qu’espérer que les autorités responsables ne tarderont pas trop à trouver un moyen de freiner le chaos. Certes, il devient de plus en plus urgent qu’ils agissent, surtout puisqu’on évoque cette semaine le mot « génocide »…

L’historique

J’ai déjà écrit de l’aveuglement de la communauté internationale en ce qui concerne la Centrafrique. Bien sûr, c’est à peine quelque chose de nouveau. L’historique de ce pays est morne et peu compris. L’un des états les plus pauvres du monde, la Centrafrique reste une des inculpations les plus frappantes du colonialisme européen. Même son nom – la République centrafricaine – signifie rien d’autre qu’une pensée après coup. En plus, depuis l’indépendance, on compte 5 coups, dont ce dernier est sans doute le plus violent – un niveau de violence inouï jusqu’ici.  Pour sa part, l’ex-chef rebelle de la Séléka et président actuel, Michel Djotodia, a suspendu la Constitution, a dissout l’Assemblée et a proclamé une “période de transition consensuelle” de trois ans. Dépassé par ceux qui l’ont porté au pouvoir, les rébelles de la Séléka, son pays épreuve une vraie tragédie, ainsi illustrant la folie de la gouvernance par le biais de la criminalité et l’anarchie.

Quant aux milices, ils viennent principalement du nord du pays, du Tchad et du Soudan – sont majoritairement musulmans – et profitent du vide sécuritaire en cherchant pour eux-mêmes d’intégrer à terme l’armée du pays ou de devenir fonctionnaires, explique chercheur au Ceri-Sciences-Po, Roland Marchal.

 Aujourd’hui

Aujourd’hui on relate désespérément les chiffres en attendant que la machinerie de l’ONU se mette en marche. On estime qu’un tiers du pays (1,6 millions) aurait besoin d’une aide humanitaire d’urgence, tandis que la plupart des autres éprouvent d’énormes besoins alimentaires.

Un article dans le journal britannique, The Guardian, pose la question que doit-il se produire de plus avant que le monde n’intervienne, en s’appuyant sur des preuves de l’engorgement des civils et des enfants, des destructions de villages et des hommes jetés aux crocodiles. Une population terrorisée, les soldats embrigadent des enfants d’à peine 8 ans pour qu’ils alimentent la méfiance mutuelle entre les deux religions : le Christianisme et l’Islam.

Le 25 novembre, le premier ministre centrafricaine a annoncé que la France prêtait à envoyer 800 soldats pour renforcer les 400 soldats français déjà présents. Que vont faire ces soldats au juste? Dans l’immédiat, il s’agira pour l’armée française de monter une base projetable à Bangui pour accueillir le flux logistique ; la capitale sera donc le premier objectif de l’intervention française. L’armée vise à ramener la paix dans les rues de la capitale aux côtés des éléments de la Misca, puis transférer certaines responsabilités aux troupes africaines.

On attend toujours une action décisive de la part de l’ONU pour mettre un terme à cette tragédie, alors que la Vice-Secrétaire Général, Jan Eliasson, a indiqué le 25 novembre qu’il fallait des mesures rapides afin d’éviter que la crise échappe à tout contrôle :

« La République centrafricaine est en train de devenir le terrain fertile des groupes armés et d’extrémistes, dans une région déjà en proie aux conflits et à l’instabilité »

Etant donné que ce pays grand et peu compris n’attire pas jusqu’ici ni l’attention des autorités, ni des autres pays africains, Eliasson avertit également de la menace d’un conflit ethnique et interreligieux qui pourrait s’étendre aux pays voisins. Parallèlement, le spectre du Rwanda hante la Centrafrique maintenant qu’on soulève le mot « génocide ».

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