Le problème enclavé

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Je ne suis pas détenteur des droits

Je consacre mon troisième blog à la question d’un autre pays africain – vaste et enclavé – le Tchad. La semaine dernière j’ai lu d’une controverse dans la ville d’Abéché, où deux hommes s’apprêtaient à célébrer symboliquement un mariage gay lorsque la police a apparu tout d’un coup pour les interpeller. Les villageois sont en colère à la suite de la transformation de la peine des deux hommes en prison avec sursis, même si cela implique une amende de 50 000 francs CFA et, en réalité, un délai d’exécution. Ils se fendent alors d’une pétition implorant les autorités de « châtier » les homosexuels pour cette « acte ignoble et antireligieux ».  Néanmoins, cette affaire m’a rappelé un autre gros problème en ce qui concerne le quatrième pays le moins développé au monde – celui de l’ancien dictateur, Hissène Habré. Ce blog-ci a pour but de donner une vue d’ensemble de ce sujet – dont j’ai entendu parler pour la première fois lors de ma formation pré-licence, en regardant ‘The Dictator Hunter’.

L’historique

Hissène Habré fut le président de l’ex-colonie française, le Tchad, du 1982 au 1990, lorsque son régime de parti unique a été renversé par Idriss Déby – le président actuel.

Son régime s’est caractérisé par des exactions contre certains groupes ethniques, qui auraient été tués et arrêtés en masse si la Présidence les percevait comme des menaces à son régime. La plupart des atrocités ont été commises par la police politique, la Direction de la Documentation de la Sécurité (DDS), directement subordonné au Président Habré. En 1992, la Commission d’Enquête tchadienne les a accusés de quelques 40 000 meurtres politiques ainsi que de l’usage systématique de la torture.

Il est à noter que les Etats-Unis et la France sont également accusés d’avoir soutenu Habré. Human Rights Watch constate qu’ils l’ont considéré comme ‘un rempart contre Mouammar Kadhafi et la Libye’. En effet, les Etats-Unis ont fourni à son régime une ‘aide militaire massive’ alors que la France a procuré des armes, du soutien logistique et des renseignements pour aider le régime à refouler les forces libyennes.

 

Aujourd’hui

Vingt-trois ans après sa chute et sa fuite subséquente au Sénégal, les chambres africaines extraordinaires (CAE) ont été inaugurées au Sénégal en février 2013 dans le but de poursuivre des crimes les plus sérieux de son régime. Les procédures judicaires sont finalement en cours !

Tout simplement, la raison pour laquelle il est jugé au Sénégal et non pas au Tchad, c’est parce qu’il doit être jugé dans son nouveau pays de résidence – y ayant fui et vivant en exil depuis lors.

Quant à Reed Brody, conseiller juridique et porte-parole à l’ONG américaine, Human Rights Watch, la procédure avance et c’est un moment historique où les juges peuvent entendre des témoignages les plus important ainsi que des centaines de victimes. Or, bien sûr, les victimes ont le choix entre la visioconférence ou d’être invité à Dakar aux chambres. Comme ça ils protègent mieux la sécurité des témoins considérés sensibles.

Cela étant dit, Reed Brody souligne que le Président actuel du Tchad, Idriss Déby, est également impliqué, étant le commandant en chef de l’armée tchadienne pendant une période spécialement meurtrière – « séptembre noir » – un massacre au sud du pays. Donc il faut qu’il s’explique, que son rôle soit examiné.

« Quand vous êtes un Président autocrate, c’est mauvais pour vous que votre prédécesseur soit jugé »

En même temps de réaliser la justice pour les victimes de Hissène Habré, ce procès lance un avertissement aux dictateurs qu’il existe des limites, que les anciens dictateurs sont en train d’être poursuit pour avoir dépassé de telles limites.

Posé la question, ‘Que souhaitez-vous par rapport à ce procès ?’, Reed Brody a répondu : ‘Qu’on puisse dire que c’était un procès équitable, que la meilleure des preuves a été présentée, que le verdict se soit appuyé sur des faits, que la défense de Hissène Habré puisse s’exprimer et faire valoir tous ces droits, que les voix des victimes soient entendues’. La justice a sûrement été différée, mais il reste encore à voir si elle arrivera jamais pour des milliers de victimes – comme, par exemple

Pour suivre ce procès, veuillez consulter ici et ici.

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